La sérendipité, cette part du voyage qu’aucun algorithme ne peut vous montrer

Réflexion · Slow Tourism

La sérendipité, cette part du voyage qu’aucun algorithme ne peut vous montrer

Ce que les réseaux sociaux nous ont discrètement confisqué — et comment je m’efforce de vous le rendre.

Il y a quelques années encore, on partait quelque part sans trop savoir ce qu’on allait y trouver. Aujourd’hui, on part souvent pour retrouver ce qu’on a déjà vu passer sur un écran.

Le géographe Rémy Knafou, qui étudie le tourisme depuis des décennies, a un mot pour décrire ce qu’on est en train de perdre : la sérendipité — cette capacité à trouver autre chose que ce qu’on cherchait. Selon lui, les réseaux sociaux sont devenus de redoutables tueurs de sérendipité. Dès qu’un lieu, une scène ou une curiosité apparaît quelque part, il y a désormais toujours quelqu’un pour la filmer et la mettre en ligne. Le voyage, au lieu d’être une découverte, devient une vérification.

Le voyage comme preuve, pas comme expérience

Ce constat rejoint une intuition que je porte depuis longtemps chez R.E.V. : le voyage n’est pas censé être un cabinet de curiosités mis en scène pour les touristes. Il n’est pas non plus une liste de cases à cocher, glanée sur un fil Instagram, pour prouver qu’on y était.

Pourtant c’est souvent à ça que ressemble un voyage préparé seule, entre deux réunions, avec la charge mentale du quotidien qui ne s’arrête jamais vraiment : on cherche le lieu qu’on a repéré ailleurs, on le photographie sous le même angle que tout le monde, on repart avec la satisfaction d’avoir coché la case. Mais on repart rarement transformée.

Ce que je fais, concrètement, pour vous rendre la surprise

Mon métier, au fond, c’est un peu l’inverse d’un algorithme. Là où un fil social vous montre en boucle ce que tout le monde a déjà vu, je passe mon temps à chercher ce qui n’est justement pas montré : l’adresse sans compte Instagram, le sentier qu’on ne trouve pas dans les guides, l’artisan qui ne fait pas de publicité parce qu’il n’en a pas besoin.

Je n’envoie jamais une voyageuse là où tout le monde va — sauf si ça vaut vraiment le détour, ou si c’est elle qui me le demande.

Ce choix n’est pas une posture. C’est une manière de vous redonner ce que les plateformes ont fini par vous confisquer sans même que vous le remarquiez : la possibilité d’être surprise.

La sérendipité ne se réserve pas, elle se protège

On ne peut pas planifier la surprise. Mais on peut créer les conditions pour qu’elle ait encore une chance d’arriver : moins de trajets minutés à la seconde près, moins d’étapes imposées par la popularité d’un lieu, plus de marge pour s’arrêter parce qu’une odeur de pain chaud sort d’une fenêtre ou qu’une conversation avec un vigneron dure plus longtemps que prévu.

C’est exactement ce que je construis dans chaque carnet de voyage : un cadre assez solide pour que vous ne portiez plus la logistique, et assez ouvert pour que le hasard puisse encore vous parler.

La prochaine fois que vous hésitez entre le lieu que « tout Instagram » recommande et celui dont personne ne parle, posez-vous la question : êtes-vous en train de voyager, ou de vérifier un voyage que vous avez déjà fait, sans le savoir, en scrollant ?

Vous voulez un voyage qui garde
encore une place pour l’imprévu ?
Cécile Travel Planner Slow Tourism · R.E.V. — Rêve Explore Vis · rev-voyages.fr

Retour en haut